diff --git a/MyIA.AI.Notebooks/Probas/DecisionTheory/DecPyMC/DecPyMC-9-Prime-Pure-Chargement.ipynb b/MyIA.AI.Notebooks/Probas/DecisionTheory/DecPyMC/DecPyMC-9-Prime-Pure-Chargement.ipynb index 703e2886ce..8fa69d0b81 100644 --- a/MyIA.AI.Notebooks/Probas/DecisionTheory/DecPyMC/DecPyMC-9-Prime-Pure-Chargement.ipynb +++ b/MyIA.AI.Notebooks/Probas/DecisionTheory/DecPyMC/DecPyMC-9-Prime-Pure-Chargement.ipynb @@ -131,9 +131,9 @@ "tags": [] }, "source": [ - "### Interprétation\n", + "### Interprétation — la prime individuelle CRRA n'est pas celle de l'assureur\n", "\n", - "Avec $\\rho = 0{,}5$, l'assuré accepterait de renoncer à une partie de l'espérance pour garantir son gain : c'est le **prix subjectif du risque** pour un individu seul, avec ses propres paramètres. Un assureur ne peut pas tarifer en additionnant ces primes individuelles : il porte des **milliers** de risques simultanément, les grands nombres se compensent, et son problème n'est pas l'aversion au risque mais l'**estimation**. La question actuarielle est donc tout autre : quel est le coût *attendu* du risque transféré, et quelle incertitude pèse sur ce coût ? C'est l'objet du régime fréquentiste de la section 2." + "Avec $\\rho = 0{,}5$, l'assuré accepterait de renoncer à une partie de l'espérance pour garantir son gain : c'est le **prix subjectif du risque** pour un individu seul, avec ses propres paramètres. Un assureur ne peut pas tarifer en additionnant ces primes individuelles : il porte des **milliers** de risques simultanément, les grands nombres se compensent, et son problème n'est pas l'aversion au risque mais l'**estimation**. La question actuarielle est donc tout autre : quel est le coût *attendu* du risque transféré, et quelle incertitude pèse sur ce coût ? C'est l'objet du régime fréquentiste de la section 2.\n" ] }, { @@ -228,9 +228,9 @@ "tags": [] }, "source": [ - "### Interprétation\n", + "### Interprétation — des primes pures égales par des chemins opposés\n", "\n", - "La prime pure d'auto (~1 440 EUR/an) et celle de RC médicale (~8 240 EUR/an) sont du même ordre de grandeur par des chemins *totalement* opposés : 0,8 sinistre/an à ~1 800 EUR de coût moyen, contre 0,05 sinistre/an à ~165 000 EUR. L'espérance seule ne dit rien de la **forme** du risque — et c'est la forme qui va commander le chargement. Simulons la loi composée $Y$ pour voir ce que l'assureur encaisse réellement année après année :" + "La prime pure d'auto (~1 440 EUR/an) et celle de RC médicale (~8 240 EUR/an) sont du même ordre de grandeur par des chemins *totalement* opposés : 0,8 sinistre/an à ~1 800 EUR de coût moyen, contre 0,05 sinistre/an à ~165 000 EUR. L'espérance seule ne dit rien de la **forme** du risque — et c'est la forme qui va commander le chargement. Simulons la loi composée $Y$ pour voir ce que l'assureur encaisse réellement année après année :\n" ] }, { @@ -320,9 +320,9 @@ "tags": [] }, "source": [ - "### Interprétation\n", + "### Interprétation — la loi composée confirme pi mais pas sa symétrie\n", "\n", - "Deux faits structurants. (1) La moyenne empirique confirme la formule $\\pi = \\lambda\\,\\mathbb{E}[S]$ — le régime fréquentiste tient ses promesses quand les paramètres sont connus. (2) Mais $Y$ est **asymétrique à droite** : par assuré, la probabilité de dépasser la prime pure dépend très fortement du portefeuille — `P(Y > π) ≈ 0,322` pour A_auto (auto tous risques, un peu moins d'un tiers des années) et seulement `P(Y > π) ≈ 0,050` pour B_rc_med (RC médicale, une année sur vingt) ; quant au quantile 99,5, il monte à plusieurs fois $\\pi$ dans les deux cas. Agrégé sur un grand portefeuille, la loi des grands nombres lisse une partie de cette variance — mais pas l'incertitude sur les paramètres eux-mêmes, qui est **systématique** : si $\\lambda$ est sous-estimé, tous les assurés du portefeuille sont sous-tarifés *ensemble*. C'est la faille que le régime bayésien mesure." + "Deux faits structurants. (1) La moyenne empirique confirme la formule $\\pi = \\lambda\\,\\mathbb{E}[S]$ — le régime fréquentiste tient ses promesses quand les paramètres sont connus. (2) Mais $Y$ est **asymétrique à droite** : par assuré, la probabilité de dépasser la prime pure dépend très fortement du portefeuille — `P(Y > π) ≈ 0,322` pour A_auto (auto tous risques, un peu moins d'un tiers des années) et seulement `P(Y > π) ≈ 0,050` pour B_rc_med (RC médicale, une année sur vingt) ; quant au quantile 99,5, il monte à plusieurs fois $\\pi$ dans les deux cas. Agrégé sur un grand portefeuille, la loi des grands nombres lisse une partie de cette variance — mais pas l'incertitude sur les paramètres eux-mêmes, qui est **systématique** : si $\\lambda$ est sous-estimé, tous les assurés du portefeuille sont sous-tarifés *ensemble*. C'est la faille que le régime bayésien mesure.\n" ] }, { @@ -626,11 +626,11 @@ "tags": [] }, "source": [ - "### Interprétation\n", + "### Interprétation — trois ans de comptages ne suffisent pas à resserrer lambda\n", "\n", "Le même a priori, deux profondeurs de données : le posterior de $\\lambda$ pour le cabinet mature est nettement plus resserré que pour le jeune cabinet (les intervalles de crédibilité ETI 89% se lisent directement dans la sortie). Avec 3 ans de comptages, l'incertitude sur la fréquence reste de l'ordre de plusieurs dizaines de pourcents — et ce n'est pas du bruit d'échantillonnage qui se moyenne sur le portefeuille (il est déjà dans la Poisson) : c'est de l'**incertitude systématique**. C'est précisément ce que la crédibilité actuarielle (volet T3 de l'EPIC #12904) arbitre entre expérience individuelle et expérience collective.\n", "\n", - "Faisons de même pour la sévérité :" + "Faisons de même pour la sévérité :\n" ] }, { @@ -777,9 +777,9 @@ "tags": [] }, "source": [ - "### Interprétation\n", + "### Interprétation — diagnostics propres, l'incertitude migre vers sigma\n", "\n", - "Les diagnostics ArviZ sont propres (ESS élevé, $\\hat{r} \\approx 1{,}00$) : les deux chaînes convergent, les posteriors sont exploitables. La sévérité du jeune cabinet (une poignée de sinistres) garde une incertitude marquée sur $\\sigma$ — le paramètre qui pilote la queue de distribution, donc les sinistres extrêmes. Il ne reste qu'à propager ces deux incertitudes vers la quantité qui intéresse l'assureur : la prime pure $\\pi = \\lambda \\, e^{\\mu + \\sigma^2/2}$." + "Les diagnostics ArviZ sont propres (ESS élevé, $\\hat{r} \\approx 1{,}00$) : les deux chaînes convergent, les posteriors sont exploitables. La sévérité du jeune cabinet (une poignée de sinistres) garde une incertitude marquée sur $\\sigma$ — le paramètre qui pilote la queue de distribution, donc les sinistres extrêmes. Il ne reste qu'à propager ces deux incertitudes vers la quantité qui intéresse l'assureur : la prime pure $\\pi = \\lambda \\, e^{\\mu + \\sigma^2/2}$.\n" ] }, { @@ -866,9 +866,9 @@ "tags": [] }, "source": [ - "### Interprétation\n", + "### Interprétation — la prime pure devient une distribution\n", "\n", - "Le régime bayésien transforme la prime pure en **distribution** : le cabinet mature la connaît à quelques dizaines de pourcents près, le jeune cabinet nettement moins bien (lisez les CV dans la sortie). Autrement dit, pour le jeune cabinet, tarifer à la moyenne c'est accepter une chance sur vingt d'être sous-tarifé de la moitié de la prime. Et la distribution raconte une seconde histoire : le posterior mature est bien centré sur la valeur vraie (pointillé), celui du jeune cabinet est à la fois plus large et décalé ici vers le haut — neuf sinistres observés dont la médiane (104 k EUR) dépasse la médiane vraie (90 k) suffisent à décaler l'estimation. L'incertitude d'un petit historique n'est pas que de la dispersion, c'est aussi un risque de biais d'échantillonnage : tarifer sur trois ans d'expérience, c'est accepter les deux. La question devient commerciale : **comment fixer le chargement quand la volatilité de $\\pi$ est grande ?**" + "Le régime bayésien transforme la prime pure en **distribution** : le cabinet mature la connaît à quelques dizaines de pourcents près, le jeune cabinet nettement moins bien (lisez les CV dans la sortie). 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Il couvre simultanément (i) l'incertitude d'*estimation* — le régime bayésien de la section 3 —, (ii) la provision pour la volatilité résiduelle, (iii) les frais, (iv) la marge. C'est aussi par cette porte qu'entre la question de la ruine (quel capital immobiliser, volet T4 de l'EPIC #12904) : un tarif fixé au Q95 du posterior de $\\pi$ laisse 5% de probabilité postérieure que la prime pure sous-jacente $\\pi$ dépasse ce tarif (incertitude d'*estimation*, intra-posterior) — ce qui n'est PAS la même chose que 5% des années en perte technique : la probabilité annuelle que le coût réel $Y$ dépasse la prime tarifiée relève de l'incertitude de *processus* (variabilité intra-annuelle des $S$ composée avec le processus de fréquence $N$), et sa propagation complète demanderait de convoluer cette variabilité intra-annuelle avec l'incertitude inter-annuelle des paramètres, ce qui relève de la ruine (volet T4 de l'EPIC #12904)." + "Le chargement de sécurité ne coûte pas la même chose selon le portefeuille : pour intégrer le risque d'estimation (incertitude sur les paramètres $\\lambda, \\mu, \\sigma$ reflétée dans la largeur du posterior de $\\pi$), le cabinet **mature** a besoin d'un chargement de sécurité modéré, le **jeune** cabinet de nettement plus — son ignorance est plus chère (comparez les lignes Q95 dans la sortie). 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Mais monter le chargement a un coût de marché : avant de conclure « gros chargement », il faut regarder la demande. C'est la **sensibilité au chargement** :" + "La décision tarifaire diffère par régime : pour A_auto (paramètres stabilisés par le volume), le chargement commercial standard suffit ; pour le cabinet jeune, le chargement de sécurité nécessaire écrase la décomposition 5/3/2 — tarifer au standard, c'est subir un risque de sous-tarification systématique. Mais monter le chargement a un coût de marché : avant de conclure « gros chargement », il faut regarder la demande. C'est la **sensibilité au chargement** :\n" ] }, { @@ -1261,9 +1261,9 @@ "tags": [] }, "source": [ - "### Interprétation\n", + "### Interprétation — monter le chargement, c'est pousser l'assuré vers la sortie\n", "\n", - "Trop bas, le chargement laisse l'assureur en perte technique trop souvent ; plus il monte, plus la marge par tête croît — *dans un monde où l'assuré reste*. Mais l'assuré n'est pas captif : si le prix dépasse sa disposition à payer, il résilie, et ce sont les **moins risqués** qui partent les premiers (ils trouvent mieux ailleurs, et ils y ont le plus intérêt). Simulons cette spirale d'antisélection, miroir exact du marché des citrons de GT-17a :" + "Trop bas, le chargement laisse l'assureur en perte technique trop souvent ; plus il monte, plus la marge par tête croît — *dans un monde où l'assuré reste*. Mais l'assuré n'est pas captif : si le prix dépasse sa disposition à payer, il résilie, et ce sont les **moins risqués** qui partent les premiers (ils trouvent mieux ailleurs, et ils y ont le plus intérêt). 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La théorie de la décision fournit le *prix* ; la théorie des jeux explique pourquoi un seul prix ne suffit pas." + "Le prix au mélange dépasse immédiatement la disposition à payer des bons risques : ils partent, le portefeuille restant se dégrade, la prime pure du mélange monte, et le prix suit — jusqu'à un pool composé presque uniquement de mauvais risques, tarifé environ trois fois la prime pure initiale des bons. **Tarifer au mélange sans information, c'est organiser la sélection adverse contre soi-même** : c'est exactement le diagnostic d'Akerlof (GT-17a), relu du côté assureur. La réponse du marché — des gammes de contrats qui séparent les types (franchise contre prime réduite, bonus-malus) — est le screening de Rothschild-Stiglitz et Wilson traité par GT-17b. La théorie de la décision fournit le *prix* ; la théorie des jeux explique pourquoi un seul prix ne suffit pas.\n" ] }, {